Notre quotidien est souvent marqué par des situations conflictuelles et fâcheuses que nous avons du mal à oublier. Ces expériences nourrissent en nous des envies de vengeance, le désir de rendre le mal pour le mal. Cela peut sembler normal et compréhensible, car nous sommes des êtres humains dotés d’un système nerveux qui fonctionne selon le principe « stimulus + douleur = réaction ». Ainsi, laisser passer une offense sans réagir peut apparaître comme une tâche particulièrement difficile.
Pourtant, nous avons besoin d’excuser et de nous excuser afin de vivre en paix dans nos foyers, nos quartiers, nos villes, nos pays, et même dans le monde entier. L’excuse consiste à renoncer à une réaction immédiate face à une offense et à accorder une faveur qui libère quelqu’un des conséquences de son acte. Il est vrai qu’avec un peu de civilité, de politesse et de bienveillance, nous pouvons excuser rapidement une personne qui nous offense, qu’elle demande pardon ou même qu’elle ignore nous avoir blessés.
Mais cela suffit-il pour effacer toute rancune et empêcher tout désir de vengeance, même discret ? C’est pourquoi le pardon apparaît comme un acte supérieur à l’excuse, un acte qui semble dépasser les capacités humaines ordinaires et qui exige une ressource intérieure durable. Dès lors, comment parvenir à pardonner à son voisin, à un camarade ou à toute personne de notre entourage ?
La Parole de Dieu nous enseigne que nous devons devenir des hommes nouveaux, afin de ne plus réagir selon notre ancienne nature, marquée par la chair. Il est écrit qu’un seul homme a donné sa vie une fois pour toutes, afin de payer la dette de l’humanité et de réconcilier les hommes avec Dieu : Jésus-Christ, le Prince de paix, un homme venu du ciel (1 Corinthiens 15). Il nous enseigne de pardonner de tout notre cœur (Matthieu 18:35), et cela sans limite (verset
22).
Ainsi, l’homme nouveau est un homme céleste, qui aspire aux réalités d’en haut. Les choses terrestres ne peuvent altérer sa nature. Cet homme que nous sommes appelés à devenir ou à demeurer, possède à l’image de Jésus-Christ, le pouvoir de pardonner : c’est un chrétien. Il a été crucifié avec Christ, et sa vie ne lui appartient plus, mais elle est désormais celle de Christ (Galates 2:20).
L’apôtre Paul le rappelle aux Galates comme aux Colossiens : « Vous qui étiez morts par vos offenses et par l’incirconcision de votre chair, Dieu vous a rendus à la vie avec lui, en nous faisant grâce pour toutes nos offenses ». Si nous croyons à cette vérité, alors nous avons, nous aussi, la capacité de pardonner toutes les offenses que nous avons subies, que nous subissons et que nous subirons encore (Colossiens 2:13 ; 3:13).
Nous sommes conscients que ces enseignements sont difficiles à mettre en pratique, même pour ceux qui croient en Jésus. Lui-même le savait, et c’est pourquoi il invitait ses disciples à renoncer à eux-mêmes et à porter leur croix chaque jour. Il y aura toujours des moments où nous devrons supporter l’offense afin de glorifier Jésus-Christ.
Si l’estime de soi et nos émotions peuvent constituer un frein au pardon, l’abandon de soi et l’amour, quant à eux, nous permettent de pardonner jour après jour, en toute circonstance. Soyons donc des hommes et des femmes du ciel, au nom de Jésus-Christ. Amen.

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